La question
Comment témoigner du massacre des innocents en peinture ? Dans la plupart des tableaux classiques sur ce thème, on peut considérer que la mise en valeur des mouvements et des muscles des massacreurs revient à faire un éloge de la force. Face à l'action, le mimétisme nous entraîne malgré nous.
Spontanément, nous sommes SUJET de l'action plutôt qu'OBJET de l'action.
Je recherche ici une autre voie : faire éprouver l'impuissance, la passivité, la souffrance de la victime.
Comment fabriquer des images du point de vue de la victime ?
Je prends comme point de départ une vidéo diffusée sur le net, montée à partir de vidéos faites par un ou plusieurs mobiles. Dans cette vidéo, j'ai sélectionné 20 images qui peuvent s'articuler entre elles de façon à satisfaire des règles esthétiques : rythmiques des lignes et des plans, enchaînements, contrastes et dilutions des couleurs.
Ensuite, sur le site www.cartoonize.net j'ai soumis ces 20 images à un effet de cartoon. Par ce dédoublement, j'espère créer une distance entre le vécu brutal qui est filmé en direct et des images artificielles qui seraient les signes que la jeune fille nous adresse. Des images qui devraient raconter une histoire d'amour, mais qui montrent - malgré elles - l'horreur.
Par l'espacement entre les images, je tente de ralentir le rythme de l'action, de faire une place à la temporalité de la conscience, d'introduire le tempo de l'appréciation esthétique qui, dans l'horreur, manifeste la présence de la culture.
Je ne sais pas si mon expérimentation accomplit mon cri :
"PLUS JAMAIS LA LAPIDATION D'UN OU D'UNE PAR TOUS" !
"PLUS JAMAIS LA LAPIDATION DE L'AMOUR" !
***********
Une jeune fille kurde de 17 ans, Doah Khalil Aswad, a été lapidée pour être entrée en relation avec un jeune musulman sunnite.
Son « crime » : appartenant à une communauté kurde de religion Yazidi dans la ville de Bashiqa, proche de Mossul, capitale du Kurdistan irakien, elle projetait d’épouser un jeune musulman sunnite dont elle était amoureuse et envisageait semble-t-il de se convertir ;
« suprême horreur », elle lui avait même rendu visite.
Pendant 4 mois, un sheik musulman local l’a abrité. Mais dans les derniers jours, sa famille l’a persuadée de retourner chez elle, la convaincant que ses parents et ses proches lui avaient pardonné sa « faute ».
Mille hommes – ou plutôt 1000 bestiaux lâches et vociférant – l’attendaient en embuscade sur le chemin de sa maison et l’empoignent.
Ils lui arrachent sa jupe pour signifier qu’elle avait déshonoré sa famille et la religion Yezidi, puis la lapidation commence.
Elle hurle, pleure et crie au secours ; au bout d’une demi-heure, ces « hommes » la labourent de coups de pied à l’estomac.
Respirant encore, elle gît sur la route à demi-nue, le visage en bouillie, couverte de sang.
Pour l’achever, l’un d’eux lui jette une grosse pierre sur le visage.
**************
Merci de me faire part de votre réaction.
Comment témoigner du massacre des innocents en peinture ? Dans la plupart des tableaux classiques sur ce thème, on peut considérer que la mise en valeur des mouvements et des muscles des massacreurs revient à faire un éloge de la force. Face à l'action, le mimétisme nous entraîne malgré nous.
Spontanément, nous sommes SUJET de l'action plutôt qu'OBJET de l'action.
Je recherche ici une autre voie : faire éprouver l'impuissance, la passivité, la souffrance de la victime.
Comment fabriquer des images du point de vue de la victime ?
Je prends comme point de départ une vidéo diffusée sur le net, montée à partir de vidéos faites par un ou plusieurs mobiles. Dans cette vidéo, j'ai sélectionné 20 images qui peuvent s'articuler entre elles de façon à satisfaire des règles esthétiques : rythmiques des lignes et des plans, enchaînements, contrastes et dilutions des couleurs.
Ensuite, sur le site www.cartoonize.net j'ai soumis ces 20 images à un effet de cartoon. Par ce dédoublement, j'espère créer une distance entre le vécu brutal qui est filmé en direct et des images artificielles qui seraient les signes que la jeune fille nous adresse. Des images qui devraient raconter une histoire d'amour, mais qui montrent - malgré elles - l'horreur.
Par l'espacement entre les images, je tente de ralentir le rythme de l'action, de faire une place à la temporalité de la conscience, d'introduire le tempo de l'appréciation esthétique qui, dans l'horreur, manifeste la présence de la culture.
Je ne sais pas si mon expérimentation accomplit mon cri :
"PLUS JAMAIS LA LAPIDATION D'UN OU D'UNE PAR TOUS" !
"PLUS JAMAIS LA LAPIDATION DE L'AMOUR" !
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Une jeune fille kurde de 17 ans, Doah Khalil Aswad, a été lapidée pour être entrée en relation avec un jeune musulman sunnite.
Son « crime » : appartenant à une communauté kurde de religion Yazidi dans la ville de Bashiqa, proche de Mossul, capitale du Kurdistan irakien, elle projetait d’épouser un jeune musulman sunnite dont elle était amoureuse et envisageait semble-t-il de se convertir ;
« suprême horreur », elle lui avait même rendu visite.
Pendant 4 mois, un sheik musulman local l’a abrité. Mais dans les derniers jours, sa famille l’a persuadée de retourner chez elle, la convaincant que ses parents et ses proches lui avaient pardonné sa « faute ».
Mille hommes – ou plutôt 1000 bestiaux lâches et vociférant – l’attendaient en embuscade sur le chemin de sa maison et l’empoignent.
Ils lui arrachent sa jupe pour signifier qu’elle avait déshonoré sa famille et la religion Yezidi, puis la lapidation commence.
Elle hurle, pleure et crie au secours ; au bout d’une demi-heure, ces « hommes » la labourent de coups de pied à l’estomac.
Respirant encore, elle gît sur la route à demi-nue, le visage en bouillie, couverte de sang.
Pour l’achever, l’un d’eux lui jette une grosse pierre sur le visage.
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Merci de me faire part de votre réaction.




















1 commentaires:
Bonjour Francis Raphaël,
Je crois avoir vue cette vidéo circuler sur ma messagerie et je l'avais transmise pour "avertir", malgré l'insoutenable évidence de ces images.. que tu transformes picturalement de belle façon.. dois-je ajouter hélas !..
Bien amicalement
Katvale
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