jeudi 13 septembre 2012

Le chemin avec Jésus, les grandes images


Problèmes, aux conflits, aux douleurs. Tous ces tourments, c'est trop.

Je recherche l'apaisement.

Je me rappelle ceux qui m'ont raconté comment Jésus les avait accompagné. Celui qui fait prendre de la distance par rapport aux problèmes, aux conflits, aux douleurs.

Je me rappelle les étapes du chemin que ils ont parcouru. Voici les grandes images qui restent en moi de leur récit.
Dans la fournaise de la genèse


Au moment de la Création


Participer à la communauté des hommes


Devant la porte du Paradis


En Dieu, vivre éternellement


Quelle est la modernité de ma démarche ?

Ma démarche artistique prend le contre pied de la tendance actuelle qui est l'accumulation sur un même support de différentes images, qui est l'addition sur un même support de plusieurs gestes de découper/coller. C'est la transposition au plan de l'art de notre ambiance contemporaine saturée par le souci de l'ordre, des rapports de force, de la "visibilité qui en impose".

Au contraire, "je m'efforce à un moins de force", "j'invite à une acceptation de l'entropie, du un-peu-plus-de-désordre". A coté d'une écologie des ressources, je propose une "écologie des images".

Aussi ma démarche est plutôt de prendre une image, d'ouvrir ses potentiels de forme et de couleur et laisser s'écouler, laisser se diffuser les formes et les couleurs.

Je suis philosophe de formation. La philosophie distingue entre l' Etant, constitué par les activités et les technologies, et l'Etre qui est une attitude de disponibilité à ce "moment de vie" où le sens devient ambigu, équivoque, hyperbolique. Le moment où dans les possibles connus, s'ouvre une fenêtre vers l'im-possible. C'est im-possible, et pourtant, j'y suis, j'y chemine.

Chacun de mes tableaux est un témoignage de mon cheminement dans l'im-possible.

jeudi 23 août 2012

Le concept d'INDICONE



J’appelle ici à l’urgence d’un développement de la sémiologie car les pratiques actuelles sur les signes ont des conséquences d’une ampleur insoupçonnée.

Notre époque se caractérise par une combinaison de signes et de dispositifs matériels afin de cumuler deux effets : à l’effet de présence d’une image mentale s’ajoute l’effet de conditionnement généré par la répétition d’une action structurée : acheter en grande surface, suivre son colis, etc. Nommés par les marketeurs « valeur ajoutée », « valeur d’usage », « innovation de service », ces formules - Faites des économies ; Vous êtes à proximité – assurent une double fonctionnalité :

- singulariser la réponse à un besoin d’un certain nombre de clients

- susciter un avantage compétitif durable apportant une rente économique.

Des signes aux nouveaux territoires économiques

Prenons l’exemple d’une méthode courante dans la grande distribution : placer en « tête de gondole » des produits dont le prix est annoncé comme « plus bas qu’ailleurs ». Ce qui est signifié est « Faites des économies ! ». Cette pratique est connue pour être à l’origine du succès de Wall Mart aux États-Unis.

L’image mentale et le conditionnement par l’action structurée n’affecte pas que les clients. Ils affectent également l’ensemble des partenaires économiques fédérés par la formule. Les fournisseurs de Wall Mart recherchent constamment comment faire baisser leurs prix ou produire à plus bas prix des produits existants. Plusieurs cercles économiques se sont installés : Wall Mart est devenu indispensable à plusieurs millions d’américain sans revenu ; les fournisseurs chinois produisent en masse de plus de plus en plus importante des produits de haute technologie ; le commerce extérieur des Etats-Unis est déficitaire, etc. Cependant, l’extension de Wall Mart sur l’ensemble du territoire américaine et le recours systématique à des fournisseurs chinois pour disposer d’énormes quantités de produits à bas prix a provoqué la disparition de milliers d’entreprises américaines et des emplois qualifiés qu’elles proposaient.

D’autres pratiques sur les signes ont eu des effets analogues dans leur ampleur. Ainsi le logisticien américain UPS a imposé ses normes de fonctionnement à l’ensemble des entreprises logistiques car il a été le premier à être capable d’indiquer avec précision à son client là où en est son colis. Ce qui est signifié est : « Vous êtes à proximité de votre colis ».

L’investissement n’est plus guidé par la technologie mais par une alliance sociologie, économie et marketing. Cette alliance se présente selon une formule. La formule est l’ossature à partir de laquelle une entreprise construit un territoire économique : quelle sera la formule qui suscitera un conditionnement de fidélité de X clients et de conformité de X fournisseurs ou de X collaborateurs tel que la rentabilité sera assurée pendant X années ? Cette formule doit générer une puissance telle qu'elle déploie en un territoire économique car l’entreprise construit une continuité entre ses clients, ses distributeurs, ses fournisseurs, ses bureaux d’études. De nœuds en nœuds, dans les mailles du réseau circulent, la formule, via les dispositifs qui la concrétisent, va unifier les comportements et renforcer de jour en jour le conditionnement. Cependant, bâti sur des effets de sens, ce territoire est fragile. D’une part, cela entraîne donc une violence dans les combats d’image et la chasse aux comportements jugés déviants. D’autre part, l’entreprise doit faire varier les déclinaisons de la formule pour s’ajuster aux évolutions des besoins des clients.

Wall Mart monopolise aux États-Unis la distribution des produits à bas coûts et se bat aujourd’hui en Chine contre Carrefour pour devenir le monopole chinois. L’économiste Michel Volle a introduit la notion de « concurrence monopoliste » pour synthétiser ce double phénomène de territoire économique bâti sur un monopole de valeur symbolique pour le client et de guerre entre concurrents via la maîtrise des innovations.

« L’économie contemporaine exige que la stratégie de l’entreprise s’exprime en terme de territoire – non de territoire géographique mais de territoire symbolique, tissé des liens qui confortent la légitimité et suscitent la confiance. 
.. La concurrence monopoliste instaure dans l’espace des besoins une topographie analogue à celle qui prévalait dans la société féodale : la zone de monopole est semblable à un fief dont le seigneur doit guerroyer en permanence sur ses frontières. En outre, le terrain de la compétition est continuellement transformé par des innovations (de produit ou de procédé) qui modifient la gamme des variétés ou la fonction de coût. » Prédation et prédateurs.

Indicone : un nouveau concept sémiologique

Notre culture nous amène à rapprocher les notions de signe et de symbole. Ce qui est commun à ces deux notions, c’est un comportement basé sur l’absence matérielle d’un objet, mais qui est présent dans notre pensée. Cette présence imaginaire de l’objet dans notre pensée induit de notre part un peu plus qu’un comportement face à l’objet matériel. Une image peut être associée avec d’autres images. Nous avons à choisir une association d’image. Dans ce choix , nous manifestons notre liberté. C’est l’effet symbolique. Quand nous voyons une bague sur l’auriculaire d’une personne, nous matérialisons son conjoint dans notre imagination. Puis nous en tirons des conséquences sur ce que peuvent être nos comportements, avant de choisir parmi ceux-ci un comportement qui nous semble approprié à la situation et à nos buts.

Chez l’enfant, la dimension du symbolique apparait vers un an et demi : l’enfant fait disparaître ses jouets dans l’obscurité d’un dessous de lit ou dans l’au-delà d’une fenêtre ouverte. Une fois ses jouets absents du regard, l’enfant peut les évoquer en images et les associer librement avec d’autres images.

Bien sûr, les entreprises développent des discours nourris de symbolique. Cependant, le symbolique ne permet pas d’expliquer la force de constitution du monopole de territoire décrit par Michel Volle. Bien sûr, quand des millions d’américains et ou de chinois pensent à Wall Mart, ils pensent « produits à prix plus bas qu’ailleurs ». Ce qui est nouveau par l’ampleur du phénomène, c’est que des millions d’individus ressentent l’impératif d’aller à Wall Mart dès qu’il s’agit d’acheter. Wall Mart n’est pas une image de magasin équivalente à une autre, Wall Mart devient LE magasin où il faut aller acheter au moins une fois tous les deux jours. Il n’y a plus de liberté, mais un conditionnement. Nous ne sommes plus dans le domaine du symbolique.

Avec cet exemple, nous voyons apparaître un déficit de la conceptualisation sémiologique. Comment décrire et nommer l’efficacité de ces pratiques de combinaison de signe et de dispositif matériel sur les comportements ? Examinons en détail le dispositif mis en place par Wall Mart.

En tête des gondoles de la grande surface, des affiches proclament « Pour 1 $, ce produit ». Dans un documentaire audiovisuel, les témoignages des consommateurs font apparaître la coexistence de plusieurs interprétations provoquées par ces prix très bas :
- Je m’intéresse avant tout aux produits en tête de la gondole car je veux faire des économies
- C’est dans les grandes surfaces que je peux trouver des produits peu chers car ils négocient des grandes quantités
- la grande surface me permet de comparer les rapports qualité/prix des différents produits, ce qui facilite mon choix

Par contre, d’autres interprétations n’apparaissent pas, telles que :

- Attention, l’éventail des rapports qualité/prix des différents produits m’amène à accepter que si des prix très bas existent, des prix très haut existent aussi : cependant, ces prix ne seraient-ils pas plus haut dans la grande surface que dans les autres magasins ?
- Attention, la fabrication en grande quantité de produits à prix bas de médiocre qualité est un danger pour l’avenir : cela génère des entreprises qui vont concurrencer et détruire des entreprises et des emplois qui apportent une vraie valeur ajoutée !

Ces interprétations n’apparaissent pas car les signes font corps avec le dispositif matériel qu’est la subdivision « gondole / tête de gondole ». Le consommateur trouve normal que chaque semaine, chaque tête de gondole présente des articles à bas prix qui seront achetés par un grand nombre de clients, que le produit soit un paquet de pâtes ou un appareil multimédia. Je nomme cet effet de normalité « l’effet indicone », le terme « indicone » étant forgé par la contraction des termes « indice » et « icône ».

Pour le présent, avec ses étiquettes attrayantes, la tête de gondole est un signe interprété comme « Faites des économies avec les produits avec les prix les plus bas ». Au sens du sémioticien Charles A. Pierce, elle fonctionne comme une icone. Pour Pierce, la force de signification de l’icone comme image mentale se trouve en elle-même. Ainsi, le tracé d’une ligne droite se signifie « ligne droite ». Les produits mis en avant dans un lieu spécifique avec des étiquettes vantant des prix plus bas qu’ailleurs se signifient « prix plus bas qu’ailleurs ! ». Il y a une force de l’icone en tant qu’elle se donne ici comme une flèche orientée vers le bas. Cependant cette force est momentanée, puisque toute image est passagère. L’enjeu est pour Wall Mart est de maintenir dans le temps la force de l’icone.

La tête de gondole prend donc le relais pour construire la permanence de l’image mentale « prix plus bas = économie ! » en lui donnant une présence physique. La tête de gondole est la mise en relation physique entre des signes (les prix les plus bas) et des objets (les produits) : « Ici, dans ce lieu, demain, après demain, après après demain, vous trouverez des produits avec les prix les plus bas ». Un effet supplémentaire apparait avec la matérialisation de l’icône comme objet physique « tête de gondole ». La localisation du signe « les prix les plus bas » devient un signe doté d’une force physique, composant avec d’autres forces physiques.

Pour Charles A. Pierce, la girouette et le vent sont dans une relation physique, et il nomme indice la position de la girouette, que de cette position on peut en déduire le sens du vent. De même, la relation matérielle entre la tête de gondole et les produits à bas prix fait de cette première un indice des seconds. L’indice induit un comportement qui est l’automatisation de la déduction : « je recherche des bonnes affaires, donc en premier lieu, je regarde la tête de gondole ». Le consommateur est transformé en automate. Il est conditionné.

Je définis comme indicone tout effet créé par un dispositif matériel et signifiant, établissant une relation physique entre un site - la tête de gondole - et une qualité – les prix les plus bas – telle que l’icône de la qualité impose sa force iconique dans la relation physique. La tête de gondole devient une flèche animée d’un mouvement descendant. L’effet consiste dans la modélisation de la force physique par la force iconique. L’effet de présence de l’icône est relayé et amplifié par un dispositif matériel, qui facilitant la répétition de l’action d’achat, induit un conditionnement du comportement.


Voici un exemple d’approfondissement conceptuel de la sémiologie. Mais il y a beaucoup d’autres approfondissements à mener. Quels bénéfices concrets en tirerons-nous ?

Conceptualiser n’est pas critiquer. Proposer le concept d’indicone ne signifie pas que les indicones soient « mauvais » ou « néfastes ». Les indicones sont nécessaire pour assoir une rentabilité économique, car ils minimisent pour les acteurs les coûts liés aux incertitudes du choix entre alternatives concurrentes. Par contre, la question se pose de la délimitation de l’effet indicone. En effet, comme de nouvelles incertitudes surgissent sans cesse, la prudence incite à trouver une équilibre entre l’effet indicone et l’effet symbolique.

Paroles et dialogue dans notre monde contemporain

La vie d’un dialogue suppose que les qualités des objets partagés soient discutées et que différents objets puissent être passés en revue, en fonction des souhaits de l’un ou de l’autre des interlocuteurs. En mettant en commun des symboles – telle qualité possible ; telle évocation d’objet – le dialogue ouvre des attentes, suscite des incertitudes, de façon à provoquer des parolesintéressantes et stimulantes entre les interlocuteurs.

Cependant, cadrées par les indicones, beaucoup de situations de parole ne peuvent pas se transformer en situation de dialogue. Je constate, nous constatons tous un paradoxe. D’un coté, nous sommes encadrés par une multiplicité des paroles à une seule voix – la voix de la formule : « Achetez à bas prix », « suivez votre colis » - ; de l’autre, nous sommes invités dans des situations d’expression de nos souhaits où les marketeurs et les sociologues tentent de capter nos nouveaux besoins. L’ordre et la permissivité vont de pair !

Pour la plupart, nous sommes des salariés. Au sein des entreprises, nous retrouvons ce paradoxe. Nos paroles ne sont légitimes que si elles évoquent la formule qui régit le fonctionnement de l’entreprise et plus globalement du territoire auquel elle appartient. En même temps, nous devons nous exprimer spontanément : signaler un dysfonctionnement, proposer une amélioration, détendre l’ambiance par une blague sympathique.

Ce qui nous permet de gérer ces deux faces de la parole sont les indicones. Leur existence matérielle et leur pouvoir signifiant permet à notre parole de salarié de rester laconique et opératoire. Lorsque notre parole est invitée à la permissivité, les indicones balisent les écarts et les variations possibles. L’indicone, par l’immédiateté de sa présence, chasse l’attente et l’incertitude du futur qui est le propre du symbole.

Les indicones en entreprise

Le confort des salariés d’une entreprise, depuis l’opérateur jusqu’au haut dirigeant, amène à souhaiter la présence d’indicones et leur absence de remise en question. Cependant, la réalité des évolutions et des tensions technologiques, économiques, sociales, politiques, culturelles, oblige à des situations de dialogue. Ces situations de dialogue peuvent prendre de multiples formes : groupe de résolution de problème, groupe de créativité, étude de cas en formation, comité de pilotage d’un projet, comité ad hoc de prise de décision. Les situations de dialogue peuvent être imposées par l’urgence d’une panne à résoudre, une confrontation sociale, une perte financière d’une ampleur inhabituelle, etc.

Les indicones dans la relation commerciale

Développement à venir...

dimanche 5 août 2012

Le désir comme l'énergie de l'image de l'action


Le désir : de l'action à son image

Le désir est un montage complexe de composants hétérogènes. Considérons une première définition, qui est canonique.

« Le désir est une tension vers un objet qui devrait apporter une satisfaction. »


L’objet - qui doit apporter une satisfaction - est très variable, car le « devrait apporter » dépend des valeurs d’une position sociale, d’une éducation, d’une expérience vécue, ou d’une expérience recommandée :

- avoir de l’argent pour acheter sans compter / jouer au Casino

- rouler en Ferrari / faire le tour du monde en bateau

- être entouré de beaux jeunes hommes / de belles jeunes femmes

- réussir un examen / recevoir la Légion d’honneur

- interpréter brillamment une partition de musique

- manger à s’en péter la panse / déguster un macaron de chez Ladurée

- planter un drapeau en haut du Mont Blanc

- respirer un air pur non pollué / courir deux heures sans s’arrêter …

Il faut remarquer que ces objets sont mobilisés dans des actions. L’argent est un objet, mais ce qui apporte la satisfaction, c’est l’action que l'argent - l’objet - permet.

Corrigeons donc la définition :

« Le désir est une tension vers une action et un objet qui devraient apporter une satisfaction. »

Comment sait-on que réaliser l’action apporte une satisfaction ? L’expérience du bébé lui a appris que téter le sein est à la fois agréable et bénéfique : sentir le corps de sa mère, apaiser la sensation de faim.

Mais rouler en Ferrari ? Pourquoi désirer rouler en Ferrari lorsque sa seule expérience est limitée aux berlines familiales sans surprises ?

L’espoir de la satisfaction du « rouler en Ferrari » est imaginaire. En fait, on importe en soi-même le témoignage de la satisfaction d’une autre personne envers la réalisation d'une action.

Remarquons que l’action qui apporte la satisfaction implique toujours la présence d’autres personnes.

Ces personnes sont en relation directe, par exemple, le professeur donne une bonne note à un élève, le Président de la République agrafe la Légion d’honneur à un sportif exceptionnel.

Ou en relation indirecte, lorsque les personnes me regardent faire, soit immédiatement, soit après coup (photo, vidéo, récit.. ). Ou à l’inverse, lorsque je regarde faire les personnes.

Concluons-en que la satisfaction désirée implique une forme de partage entre personnes. La définition évolue donc ainsi :

« Le désir est une tension vers le partage d’une action et d'un objet, où la réalisation de l'action avec l'objet devrait apporter une satisfaction. »

Venons en à la dimension énergétique du désir.

Avant d’être accomplie, l’action se caractérise par un niveau d’énergie à la fois focalisé et disponible. Focalisée, l’énergie est perturbante pour le corps et la pensée. Par exemple, en attendant de rouler en Ferrari, le pied du conducteur de berline appuiera sur la pédale de vitesse de façon excessive. Sa tête ne voudra penser qu’aux voitures italiennes haut de gamme.

Ce potentiel d’énergie sera dit disponible, car tant que l’action désirée n’est pas réalisée, l’énergie reste au même niveau de potentiel.

Quand cette énergie est utilisée pendant l’action, on peut dire qu’elle est consommée. L’énergie du désir se transforme en plaisir de la satisfaction.

Mais d’où vient cette énergie ? Nous posons comme hypothèse qu'avant d'être "énergie vers", elle est est "énergie de". Cette énergie est générée en nous par des images mettant en scène des acteurs montrant une satisfaction.

Dans l’exemple du « rouler en Ferrari », ce sera l’image de la satisfaction du pilote champion de Formule 1. Dans l’exemple du « téter le sein », ce sera l’image que le bébé se fait de la relation fusionnelle entre lui et sa maman.

Voici une nouvelle définition, donc :

« Le désir est une tension générée par l’image d’un partage d’une action et d'un objet, où la réalisation de l'action avec l'objet devrait apporter une satisfaction. »

La période d’attente avant la réalisation de l’action de satisfaction est qualifiée de « période de manque ».

La notion de manque est ambiguë. Manquer de quelque chose est-ce désirer ? Il y a installation d’une confusion entre le « manque d’une satisfaction » et le « besoin de nourriture ». Par exemple, dans Wikipédia, on trouve à la rubrique « désir » cette formulation qui me semble erronée.

"Le désir est un effort de réduction d'une tension issue d'un sentiment de manque et en ce sens, on ne désire que ce dont on manque. Quand on a trouvé des objets ou des buts considérés comme une source de satisfaction, on va tendre vers eux. Le désir est tantôt considéré positivement puisque l'on considère l'objet désiré comme source de plaisir ou de contentement, voire de bonheur et tantôt considéré négativement comme une source de souffrance, une forme d'insatisfaction." 

Selon moi, loin d’être un effort de réduction, le désir est un effort d’augmentation de la tension éprouvée par le corps et l’esprit. Pour s’assurer cette augmentation de tension, le désir va se donner des images soit vraiment imaginaires, soit exceptionnelles.

Pourquoi désirer rouler en une berline familiale ? La satisfaction arrive dès que les premiers salaires arrivent. La tension n’est pas montée très haut.

Pour « faire augmenter et faire durer le désir », il est nécessaire pour le banal conducteur de rêver d’une voiture unique et de circonstances exceptionnelles dans lesquelles la société lui permettrait de piloter cette voiture.

La littérature courtoise du Moyen Age s’est constituée dans les figures prises par le rêve fait par le poète de la consommation d’une relation charnelle avec la femme du Seigneur. Bien sûr, cette consommation charnelle était impossible.

Aussi, poème après poème, le Désir du poète se déployait à la façon dont une fleur déploie ses pétales.

Cette conception du désir comme « plus haut niveau d’énergie disponible possible » suppose une propriété au corps humain : mettre en résonnance une image et de l’énergie libre, et maintenir cette résonnance.

Cette conception suppose également que le corps humain est capable de refuser la consommation de cette énergie dans la réalisation de l’image désirée.

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A propos de la sentence stoïcienne « Limite-toi aux désirs que tu peux satisfaire »

Dans la morale de la Grèce Antique, l’homme ne doit poursuivre que la satisfaction de ses besoins et non celle de ses désirs. Le seul désir acceptable serait dès lors le désir de ne pas désirer.

Les "vrais" et les "faux" besoins sont différents. Les premiers correspondant à la vérité de ce qui est réellement nécessaire pour satisfaire notre nature et les seconds à l'opinion fondée sur l'imagination. Ainsi pour Epicure avoir un abri et des amis sont des vrais besoins alors que posséder une grande richesse et être célèbre sont de faux besoins.

La différence entre vrai et faux besoin est que le premier peut être comblé alors que le second ne peut pas l'être. Une grande partie de l'éthique consiste dès lors à distinguer vrais et faux besoins pour se libérer des seconds et vivre dans la liberté pour être satisfait et heureux.


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 « Marmite est introuvable »

Le «Marmageddon» frappe la Nouvelle-Zélande: la rupture de stocks annoncée de la célèbre marque britannique Marmite inquiète la classe dirigeante et mobilise les internautes.


La Nouvelle-Zélande se mobilise… pour une pâte à tartiner! Marmite, marque britannique de pâte à tartiner à base de levures très prisée par les Anglo-Saxons, devient quasiment introuvable au «pays du long nuage blanc». Cette pénurie est due à la destruction partielle de l'unique usine de production du pays après le séisme meurtrier de 2011 à Christchurch. Les chaînes de production devraient être de nouveau opérationnelles en juillet prochain, mais, pour le moment, plus aucun pot ne sort du site néo-zélandais. De quoi provoquer une véritable crise, baptisée «Marmageddon» par les médias.

Le premier ministre néo-zélandais, John Key, a ainsi tenu à réagir à ce drame national. Il a déclaré ce matin qu'il ressentait personnellement l'impact de cette crise. «Il ne m'en reste qu'un tout petit peu dans mon bureau, et, une fois que ce sera épuisé, je sais bien que les réserves seront quasiment finies» dans le pays, a-t-il déclaré à la télévision néo-zélandaise. De son côté, Pierre Van Heerden, le directeur général de Sanitarium, le groupe qui produit Marmite en Nouvelle-Zélande (la production étant ailleurs gérée par Unilever), s'est exprimé sur la radio publique. Il a recommandé aux gourmets de se rationner: «Avec le pain de mie grillé, qui est un peu chaud, on peut l'étaler plus facilement en fine couche.» Le dirigeant affirme qu'il ne faut pas «céder à la panique», car «nous aurons de nouveau le produit à l'identique, celui que nous aimons tous».

Un buzz savamment orchestré ?

Trop tard. La ruée vers la Marmite a déjà commencé. Les Kiwis se sont rendus dans les supermarchés pour acheter les derniers pots encore en rayon. Mais tous n'ont pas pu mettre la main sur le mets tant convoité et ils se sont alors repliés sur les sites de ventes aux enchères. Trade Me, le premier site d'achat et de vente en Nouvelle-Zélande, a ainsi servi à de nombreux échanges de la fameuse pâte à tartiner. Certains vendeurs proposent des pots à plus de 100 dollars néo-zélandais (environ 62 euros), soit vingt fois le prix habituel de vente. D'autres n'hésitent pas à commercialiser des pots déjà entamés!

Et l'information a déjà fait le tour de la Toile. Le terme «Marmageddon», popularisé par la presse et par Twitter, possède son «hashtag»: précédé du signe «#», Marmageddon devient un mot clé sur le site de microblogging, et le sujet fait l'objet de nombreuses réactions. «Marmite» est même le premier sujet de conversation sur les réseaux sociaux néo-zélandais ce mardi, Twitter et Facebook. Les fans de la pâte à tartiner s'échangent leurs conseils pour faire face au fléau. Certains conseillent de se rationner pendant que d'autres disent se tourner vers son équivalent australien, la Vegemite.

De nombreux internautes ne comprennent toutefois pas l'ampleur du buzz. Un Néo-Zélandais résidant en France s'étonne sur son compte Twitter: «Les 20 derniers tweets de mes contacts néo-zélandais traitent tous de la pénurie de #Marmite. Sérieux, il ne se passe rien dans mon pays», ironise-t-il. À tel point que de nombreux internautes soupçonnent une campagne commerciale bien orchestrée.

samedi 28 juillet 2012

La fin annoncée de l'animal homo sapiens


La destruction annoncée de l'espèce humaine

La fin du monde serait proche, vers 2100 environ. Dans une étude publiée dans la revue américaine Nature, dix-huit scientifiques canadiens prédisent que les dégradations que la société moderne font subir à l'environnement entrainent des conséquences irréversibles sur le climat et la nature.

Selon les professeurs de la Simon Fraser University (SFU) de Vancouver, les modifications du climat couplées à la dégradation générale de la nature mèneraient à un point de non-retour avant 2100, où tous les dommages infligés à la planète seraient irréversibles.

Les changements artificiels et extrêmes que la Terre subit au jour le jour sont beaucoup trop rapides pour que la planète les assimile par des régulations préservant les équilibres actuels. Radicales, les actions de l’homme entraineraient la destruction de notre habitat terrestre et ne pas aggraver l’état de la planète

« Le prochain changement pourrait être extrêmement destructeur pour la planète. Une fois que le seuil critique sera dépassé, il n’y aura plus de possibilité de revenir en arrière » selon Arne Moers, une scientifique ayant participé à l’étude. L’utilisation de 50% des ressources terrestres engendrerait des dégâts irréversibles. 43% de ces ressources seraient actuellement utilisées. Pour endiguer cette destruction annoncée, le rapport de la FSU préconise différentes solutions aux Etats : réduire la natalité, concentrer les populations dans les zones de forte densité et de développer de nouvelles technologies pour produire des ressources alimentaires.

Mais, si les arguments de cette prédiction sont fondés, nous savons qu'elle se réalisera. A de multiples reprises depuis la première conférence de Stockholm  (Suède) en 1972 , les conférences internationales ont montré que les Etats sont incapables de s'entendre sur des politiques communes. Chaque Etat poursuit ses intérêts propres. Même si une série d'Etats développent des politiques visant à conserver notre habitat terrestre actuel, le plus grand nombre des Etats, ou autrement considéré, les Etats à très grand nombre d'habitants, ont la capacité de dégrader les grands paramètres de la planète de façon irréversible.

Ainsi, nos enfants connaîtront les prémices de la catastrophe. Pire, nos petits enfants mourront dans un enfer que nous n'osons imaginer : la suffocation chimique, la noyade ou le choc dans le tourbillon d'une vague immense, la combustion du corps dans la chaleur d'un monde en feu.

Les scientifiques et les technologues nous rassurent : étant donné la capacité de la science, ils sauront trouver des solutions. Mais, ces solutions, nous savons qu'elles peuvent ouvrir des routes vers des dégâts encore plus considérables et rapides. 

Attaque chimique, choc mécanique, combustion thermique, pourquoi les supplices de nos morts annoncés nous sont imaginables ? Les guerres régulières ont été le théâtre mettant en scène les diverses façons de donner la mort et de mourir.

Finalement, ne sommes nous pas en présence de l'essence de cet animal nommé homo sapiens par Linné (en 1758, du latin homo « être humain ») et de sapiens « sage »)? Considérons la caractéristique "sapiens" comme un déguisement de notre réalité vraie. Nous ne respectons pas la vie, la vie de la Nature comme la vie des femmes et des hommes. Nous n'envisageons notre environnement naturel et humain que sous forme de ressources à exploiter à court terme. Si nous voulons une ressource naturelle, nous inventons des dispositifs ingénieux d'extraction ou de production. Si nous voulons exploiter une ressource humaine, tous les moyens nous sont bons, de la manipulation psychologique à l'élimination physique. 

Lorsque les ressources sont épuisées, nous nous déplaçons. Tout comme la rapacité, le déplacement est un de nos attributs fondamentaux. L'homo sapiens serait apparu dans le sud-ouest de l'Afrique il y a de cela 300 000 ans. De cette première population africaine, il y a 100 000 ans, selon des découvertes génétiques, une fraction de 10 000 personnes aurait quitté le berceau originel pour progressivement se multiplier et investir tous les continents : l'Afrique, l'Europe, l'Asie, l'Australie, l'Amérique. Rien n'est un obstacle, ni les montagnes, ni les océans, ni les glaces polaires, ni les déserts.

Mais aujourd'hui, plus aucun déplacement n'est possible. Aucune autre planète proche ne pourrait accueillir une fraction des six milliards de terriens. Ce blog, qui se nomme "Déplacements", acte aujourd'hui l'impossibilité des humains de se déplacer. Nous sommes cloués à notre Terre et nous n'avons plus qu'à attendre la venue de notre mort.

Comment allons nous, face à l'évidence de cette mort prochaine, nous préparer, préparer nos enfants, y préparer nos petits enfants ?

Ciel

Tant de religions ont critiqué les tortures du désir, les illusions des possessions, les mirages du pouvoir. Alors l'annonce de la fin de notre civilisation est une bonne nouvelle. Comme il est plus facile d'atteindre l'état de béatitude !

Terre mère

Pourquoi avoir peur de la mort ? Pourquoi serait-il effrayant d'être dissous dans l'océan ou déchiqueté par une avalanche de pierres ? Les anciens emmenaient les morts au fond de grottes placées en profondeur dans les montagnes. Les cadavres redevenaient enfant de la Terre, et nourris par son lait, pouvaient rejoindre les esprits animaux dansant leur sarabande sur les parois de la grotte.

A quoi servent les morts ?

Mais quel est l'intérêt de jouir de sa mort, de se perdre dans la foule des pèlerins béats ou de devenir un esprit ours ?

les morts ne sont utiles qu'en tant qu'ils reviennent vers les vivants. Il nous racontent l'histoire de leur vie, leurs combats, leurs dilemmes, leurs illusions, leurs maladies, leurs bonheur. Ils sont les instituteurs des vivants.

……...



Le combat des jouissances

Quelle naiveté de Linné de nous caractériser comme "sapiens", comme "sage" ! Il faut y voir de l'ironie puisque nous sommes incapables d'imaginer concrètement les conséquences à moyen ou long terme de nos actions.

Précisément, nous sommes incapables d'imaginer l'état dans lequel nous laissons une Nature éventrée et surexploitée, des femmes et des hommes usés jusqu'à l'os. Prenons l'exemple de l'addiction si banale à la cigarette de tant de jolies femmes européennes. A quoi ressemble le tissu pulmonaire envahi par un cancer ? C'est un tissu contracté dans un réseau puissant de carcinomes, C'est un tissu difforme dans la cage qui le comprime.



Source: Dr J-C Pache, Département de pathologie et immunologie, Université de Genève, Suisse

Vue sur les deux poumons depuis le diaphragme, donc depuis en-dessous. Le poumon droit montre une taille normale, tandis que le poumon gauche est complètment envahi par un carcinome (cancer) qui a emmuré les plèvres (enveloppes du poumon)., Une façon de dire est que le poumon gauche est comme pris dans la cage créée par la tumeur. Ce poumon gauche ne permettait plus de respiration du tout, entrainant la mort.

En regard, exposons la sophistication des produits utilisés dans les procédés d'addiction que les fabricants introduisent dans une cigarette :

L’acétone qui est un dissolvant ; l’acide cyanhydrique qui était employé autrefois dans les chambres à gaz ; le monoxyde de carbone qui sort des pots d’échappement de nos voitures ; le DDT qui est un insecticide tout comme la nicotine ; l’arsenic, un poison très puissant…

Autrefois constituées uniquement de papier et de tabac, les cigarettes ont depuis les années 60 de plus en plus d’ajouts divers et variés. Plus de 4 000 substances chimiques sont inhalées par la fumée de cigarettes, dont plus de 60 classées cancérigènes par le Comité International de Recherche sur le Cancer.
Considérons ce nombre de 4 000 substances chimiques testées, sélectionnées, industrialisées dans les processus de fabrication des cigarettes. Au delà de l'espoir du gain financier, de la sécurité d'un emploi, quels sentiments sont éprouvés par les chimistes, les organisateurs, les commerciaux par rapport aux futures victimes ? Est-ce une indifférence envers l'autre  ? Ou bien est-ce une jouissance méconnue à infliger la dégradation du corps, à faire mourir ? Ou bien est-ce une exaltation d'une jouissance d'une partie du corps  ?

Comment s'explique la dépendance à la nicotine développée par la plupart des fumeurs réguliers ? La nicotine, composante du tabac, active une zone du cerveau associée au plaisir et à la gratification, et ce, quelques secondes après avoir tiré la première bouffée.

La nicotine a été découverte en 1809 par un Français, Louis-Nicolas Vauquelin, professeur de chimie à l'Ecole de médecine de Paris. Elle doit par contre son nom à Jean Nicot. La nicotine est une molécule, un alcaloïde , présent naturellement dans la feuille de tabac. Sa concentration y est élevée ; elle représente pas moins de 5 % du poids de la plante.

A faible concentration, la nicotine présente des propriétés de stimulation sur le système nerveux. Elle va exciter des cellules nerveuses bien particulières : les neurones dopaminergiques. Ces neurones libèrent des hormones que tout le monde connaît, les endorphines, qui provoque un sentiment de plaisir.
Le fumeur ressent alors une agréable sensation de détente et de satisfaction. Le cerveau en demande rapidement davantage ; le fumeur développe alors le besoin d'une dose régulière de nicotine qui le satisfera.

D'un coté, nous savons que nous dégradons notre corps. De l'autre, nous éprouvons un bénéfice immédiat. Nous donnons la priorité à ce plaisir immédiat. Ainsi, tous ceux qui encouragent l'addiction à un plaisir consommé rapidement peuvent se féliciter du plaisir qu'ils apportent.



Débris

"Débris" est mon nom. C'est le mot qui vient lorsque je veux me nommer. J'y associe le mot de "tradition", sans comprendre ce que désigne au juste ce mot.

C'est le Chaos ici.. bout de code oscillant de fréquences d'onde en fréquences d'ondes, me cogne contre des amas pierreux incandescents,  suis emporté dans des tourbillons de poussière, suis enveloppé dans des soupes épaisses alternant l'état gazeux et l'état liquide.

 .. ne suis qu'un point, une table de quelques caractères alternant des différences. .. ne suis aucun corps, rien qu'un morceau de logique.. un agrégat informe de molécules.. 

..seul.. maintenant.. 

Cependant d'autres bouts de code existent. Les lois de la physique, bientôt, nous rapprocheront. Nous nous connecterons. Nous rencontrerons des médiateurs qui sauront nous envelopper. Nous développer. Nous deviendrons de vrais corps. Nous nous reproduirons.

Cela sera un nouveau commencement. Mais il est certain que ce qui apparaitra dans des centaines de millions d'années ne ressemblera à ce qu'ont été "une femme" ou un "homme".


Idées pour des développements à venir


L'enjeu du plaisir rapide pour le développement économique

Le plaisir du fumeur suscite une demande à laquelle répond l'offre du chimiste. Chacun développe son vice, l'un la diffusion des endorphines, l'autre l'ingéniosité technique

Au XVIIIème siècle, un médecin, Mandeville, dans la Fable des abeilles, argumente que la multiplication des vices et l'abandon aux passions est favorable au développement économique. Chacun est une demande attendant une offre, ou une offre espérant à une demande.

……..

Les illusions de la conscience comme corps

La conscience entraine une scission de notre être corporel.

Dissociation interne de la conscience entre "Esprit esprit" et "Esprit corps", où la conscience croit maîtriser le corps.

L'"esprit-corps" s'ignorant comme "esprit" se situe comme manque, comme Désir. Reprise de la conception socratique du Désir comme manque à combler.

La combinaison "esprit-corps" méconnait, oublie le corps silencieux.

……..

La version catholique du plaisir

Le catholicisme ne réhabilite pas le corps. Il demande à l'esprit de se donner du plaisir par des symboles extérieurs. Il encourage l'esprit à se donner des pratiques addictives : réciter des prières, s'agenouiller, aller à la messe, .. Le corps est cadré, ritualisé.

Le corps est coupable, lorsqu'il s'impose à l'esprit.

Heureux celui qui monte aux Cieux. Le corps doit mourir pour que l'esprit rejoigne le Royaume céleste.




A venir
 … la rencontre avec Neandertal en Europe. L’invention de la grande chasse organisée. La naissance d’une nouvelle forme d’organisation sociale, la disparition de Neandertal.








mercredi 25 juillet 2012

Neanderthal, l'autre humanité


D'après http://fredericjoignot.blogspirit.com/archive/2006/06/25/neanderthal-l-autre-humanite.html

NEANDERTHAL, L'AUTRE HUMANITÉ. ELLE AURAIT ETE ANEANTIE PAR HOMO SAPIENS VOICI 40 000 ANS

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NEWS NEWS NEWS NEWS C'est un conte de Noël assez sombre qu'une équipe multidisciplinaire franco-américaine (CNRS Bordeaux, Université du Kansas), réunissant archéologues, modélisateurs du climat du passé, paléoclimatologues et écologues, a publié ce 24 décembre. Elle montre qu'une détérioration climatique brutale ne serait pas responsable de l'extinction des hommes de Neanderthal, mais bien l'affrontement avec les homos Sapiens. Pour le montrer, les chercheurs ont utilisé un algorithme réservé jusqu'à présent à la prévision de l'impact des changements climatiques sur la biodiversité. Selon ces travaux, quand Homo Sapiens arrive en Europeil y a quelques 40 000 ans ,  Homo Neanderthalensis y prospère depuis des milliers d'années - enterrant ses morts, connaissant le feu. Les deux populations se partagent alors ces territoires.  En quelques milliers d'années Néanderthal disparaît.  Définitivement. Une des hypothèses envisagées jusqu'alors l'expliquait par l'inadaptation de Néanderthal aux détériorations climatiques survenues à cette époque - un refroidissement de toute l'Europe appelé "événement Heinrich 4" ou "H4". Les résultats de l'équipe multidisciplinaire l'écartent... Les néanderthaliens était tout à fait capables, physiquement, de résister à cette vague de grand froid, mais pas à l'envahisseur Homo Sapiens. Une preuve avancée par l'étude : Néanderthal résiste seulement dans les territoires, refroidis, où Homo sapiens ne prend pas pied, notamment le Sud de l'Espagne. La probabilité d'une compétition mortelle entre les deux espèces humaines - les deux civilisations - en sort renforcée.
Un laboratoire de l'ENS de Lyon confirmait  juin 2006, après l'étude d'une mâchoire de Néanderthalien vieille de 50.000 ans, que Neanderthal et Sapiens appartiennent à deux espèces "homo" très proches, quoique différentes - ne pouvant se reproduire entre elles.La plupart des découvertes récentes de la génétique racontent la même histoire : Homo Neanderthalensis est bien un autre "homme". Il a vécu sur Terre pendant 300.000 ans -  vivrons nous autant  ? Il construisait des tombes, maîtrisait le feu, travaillait la pierre, le bois et l’os. célébrait les ours et les animaux sauvages, portait des parures. Plus les recherches avancent, plus nous découvrons son intelligence - sa civilisation. C'est une découverte d'importance - dérangeante. Homo Sapiens n’est plus le seul " humain ", l'exception, le fils unique de Dieu. Il faut désormais imaginer une humanité plurielle.. Voici une enquête sur cet homme longtemps méprisé, traité en sous-homme, réalisée avec l'aide de Marylène Pathou-Mathis, docteur d’état en préhistoire, qui a consacré vingt ans à étudier "Néanderthal" (publié dans LE MONDE 2, O7/06)

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ET VOICI NOTRE FRERE, "HOMO NEANDERTHALENSIS"...
... C’est un drôle de bonhomme. Sa tête oblongue jaillit d’un puissant cou de taureau. Ses muscles saillent, noueux, autour d’une poitrine large, un véritable tonneau. Il a les hanches larges, de fortes épaules, des bras longs et épais, capables de gestes plus amples que nous, les autres hommes. Il possède des mains fortes, à la prise du pouce solide. Ses jambes courtes, ses cuisses arquées, ses grosses rotules, ses orteils imposants et musclés sont taillés pour les longues marches. Une solide musculature l’enveloppe, plus puissante que celle d’un homme, une charpente adaptée à tous les terrains, tous les climats. C’est un râblé, costaud, un endurant, qui a supporté une glaciation et conquis des terres froides. Il vous dévisage avec une sacrée gueule. La face large, aux pommettes saillantes, au grand nez surmonté, au front traversé d’un long bourrelet, aux yeux intelligents s’agitant au creux d’orbites profondes se projette vers vous comme un museau. Car le front est aplati, les arêtes du nez tirées à l’horizontale, le menton fuyant, la tête allongée vers l’arrière. Dedans, un gros cerveau pense, plus développé que le nôtre, atteignant jusqu’à 1750 cm3. Sa peau est blanche. Il est peu velu. L’homme pèse facilement quatre-vingts kilos. La femme, soixante-dix. Lui mesure entre 1,60 et 1,70 mètre ; elle, entre 1,56 et 1,60 mètre...


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Néanderthal, notre cousin
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Les paléontologues l’appellent familièrement " Néanderthal ". C’est un homme. Entendez, un " homo ", un hominidé. Lui et nous, d’après les dernières découvertes du génie génétique, descendons du même ancêtre, " homo erectus ". Nous avons longtemps pensé - et certains chercheurs le soutiennent encore - qu’il s’agissait d’un " homme archaïque ", un des premiers " sapiens ", et que " l’homme moderne " lui a succédé. Aujourd’hui, nombre de préhistoriens et paléontologues affirment qu’au moins deux espèces d’hominidés cohabitent sur la même branche: d’un côté, lui, le solide " homo neanderthalensis ", équipé pour résister à tous les climats ; de l’autre, nous les " homo sapiens ", qui avons beaucoup souffert au Quaternaire. Néanderthal serait un " cousin " génétique. Un autre homme, très proche de nous, mais avec lequel nous ne pouvons avoir de descendance - à ce jour, aucun métis crédible n’a été retrouvé, même l’enfant de Lagar Velho découvert au Portugual, ce qui affaiblit la théorie d’une lignée Neanderthal-Sapiens. En 1997, des travaux portant sur l’ADN mitochondrial bien conservé d’un Néandertalien âgé de 50 .000 ans - une séquence de quelkques 300 nucléotides - ont révélé d’importantes différences au niveau du génome, et conforté les thèses d’une autre espèce humaine. Une étude génétique recente de l'ENS de Lyon sur une mâchoire de Neandhertalien confirme aujourd'hui ces données : Néanderthal et Sapiens sont incompatibles d'un point de vue reproductif, leur ADN diffère trop. Homo Neanderthalis serait donc bien un autre homme - certains chercheurs pensent même que plusieurs espèces proches de Neanderthal ont vécu au Proche-Orient.
Voilà ce qui fascine chez l’affreux Néanderthal. Il témoigne que plusieurs humanités, plusieurs espèces d’hommes ont vécu sur notre vieille Terre. Que l’humanité est plurielle. Qu’il existe non pas une branche humaine unique, avec ses " chaînons manquants ", évoluant vers l’ " homme moderne ", mais un " buissonnement " de la branche homininée. Avant Neanderthal, depuis 2,5 millions av JC, nous avons vu se succéder Homo abilis, Homo ergaster (2MA), Homo rudolfensis (1MA), les " premiers hominidés " qui connaissaient la bipédie, taillaient déjà la pierre, des espèces qui n’ont pas supporté les changements climatiques, les pandémies, les prédateurs. Une seule lignée " homo " va survivre, avec Neanderthal et Sapiens - attention, depuis septembre 2003 les préhistoriens s’interrogent : n’a-t-on pas découvert dans l’île de Flore (Indonésie), un " homo floresiensis " de petite taille, talentueux et métaphysicien lui aussi ?
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Il a vécu 300.000 ans
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Néanderthal le trapu, l’autre humanité, a vécu sur Terre pendant 300.000 ans, grâce à une constitution plus robuste que la nôtre, montrant une capacité d’adaptation éprouvée et une intelligence inventive. C’était un peuple composé de chasseurs émérites, des grands mangeurs de viande, des nomades qui découpaient les peaux et s’en couvraient, entretenaient des foyers, développaient des rituels funéraires, portaient des parures. Une humanité méconnue, longtemps presque impensable pour les esprits religieux, car elle signifiait que le doigt de Dieu aurait touché une autre espèce que la nôtre, particulièrement laide selon nos critères, beaucoup plus ancienne qu’Adam et Eve, connaissant le sens de la vie et la mort, la métaphysique, la technique. Quel camouflet pour les thèses créationnistes, enfermées dans leur vision biblique de l’Homme héritée de la chronologie de la Genèse, mais aussi pour tous ceux qui croient que nous autres, les " sapiens sapiens ", sont l’espèce la plus " évoluée " - la seule qui s’est montrée capable d’assez de génie pour échapper aux catastrophes naturelles, aux grands fauves, aux virus, et puis de dominer la terre entière.
Neanderthal, bien avant nous, sur ses cuisses façonnées pour l’effort,a conquis des territoires immenses, se répandant dans toute l’Europe et au Moyen-Orient. Il a partout inventé un artisanat élaboré, fabriqué des outils de bois et de pierre, creusé des sépultures, laissé des traces de son humanité. Il s’est éteint autour des années 28.000 av JC. Sa disparition demeure une énigme. Il nous interroge sur un passé humain qui n’a pas eu d’avenir, après 250.000 ans de règne. Nous nous sommes croisés dans les années 40.000, l’homme de Néanderthal et l’homme de Cro-magnon, notre descendant direct : le dernier homo. En Europe du Nord et au Moyen-Orient. Cela dura des milliers d’années. Les paléontologues ont retrouvé des traces de l’influence de certaines techniques de taille " cro-magnon " chez Néanderthal, et réciproquement. Des restes d’habitats peu éloignés témoignent. Comment s’est passé la confrontation ? Nous savons peu de choses. Certains paléontologues anglais, ou des historiens de l’environnement comme Jared Diamond défendent la thèse d’un affrontement qui aurait tourné à l’avantage des hommes de Cromagnon, à l’armement plus élaboré. Néanderthal aurait été peu à peu repoussé, chassé de ses terres, banni sur des territoires sans ressources - lentement exterminé. Il est vrai que les " hommes modernes ", à travers leur courte histoire, ont maintes fois montré qu’ils étaient capables d’extermination de masse. Il reste difficile de comprendre pourquoi Néanderthal, ce chasseur ingénieux, disparaît sans résister. Aucune trace de grande bataille. D’une guerre longue. Que s’est-il passé ?
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Marylène Pathou-Mathis, docteur d’état en préhistoire, a consacré vingt ans à étudier " l’homme de Néanderthal ". Elle vient de publier un livre somme sur ce costaud : " Neanderthal. Une autre humanité ", aux éditions Perrin. C’est une femme enjouée, en robe gaie, anachronique dans cette salle sombre et boisée, pleine de centaines d’éclats d’ossements humains numérotés, répertoriés, posés sur de larges tables. Elle parle avec passion, érudition, tandis que nous visitons l’Institut de Paléontologie de Paris, fondé en 1913 par la famille Grimaldi de Monaco, affilié au Muséum d’Histoire Naturelle, Marylène Patou-Mathis y dirige l’unité d’archéozoologie. Elle désigne la peinture murale consacrée aux grands singes, juste à côté de l’entrée de service. Juste au-dessus, un gros être velu avance, voûté, aux gros pieds, mi-homme, mi-gorille. " C’est ainsi que nous nous sommes longtemps représenté Néanderthal ! "
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" Espèce de Néanderthal ! "
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Dans son ouvrage, Marylène Patou-Mathis réhabilite l’humanité de Néanderthal, et soulève bien des questions tant sur les préjugés des sciences, que sur l’avenir de notre propre espèce. Elle raconte les premières découvertes de " l’homme singe "… " Quand des carriers découvrent en 1856, dans la grotte de Feldhofer près de Düsseldorf, dans la vallée de Neander, un squelette humain ancien, différent du nôtre, tout le monde des préhistoriens s’est ému. Les premiers biologistes qui l’étudient parlent aussitôt d’une autre " race " humaine. Plus ancienne, plus primitive. Proche, croit-on alors, de certaines tribus nordiques " grossières " qui combattaient les Romains. Aussitôt, un débat très vif s’instaure. Une grande partie de la communauté scientifique, comme l’avait déjà fait Cuvier, refuse la théorie selon laquelle d’autres " hommes " auraient vécu avant les hommes modernes. L’" homme de Feldhofer ", avec ses cuisses torves, ne peut être que celui d’un humain malade, perclus de rhumatismes, déclare le grand pathologiste Rudolf Virchow. Mais voilà qu’en 1859, c’est la révolution ! " L’origine des espèces " de Charles Darwin paraît, apportant la vision de l’évolution adaptative. La thèse d’un homme ancien, moins évolué que nous, revient en force. Dès 1863, le biologiste anglais Thomas Huxley décrit le squelette de Feldhofer comme étant un " type humain inférieur ", un intermédiaire entre le singe et l’homme - " un peu comme les Aborigènes " explique-t-il. À l’époque, les théories raciales de l’humanité font flores. Dès sa découverte, Néanderthal va avoir une mauvaise réputation. Ce serait une sorte de sous-homme, le " chaînon " entre le gorille et l’homme ".
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Les racistes s'emparent
de ce "sous-homme"
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En 1863, cet homme " archaïque " se voit appelé " homo neanderthalensis " par le professeur William King, du Queens College de Galway. Le nom lui restera. Pendant les 50 années qui suivent, Neanderthal le râblé, représenté comme une sorte de Yeti poilu et simiesque, est considéré comme une espèce pré-humaine mal dégrossie. Le paléontologue français Marcellin Boulle ne lui reconnaît aucun lien avec Homo Sapiens, et voit en lui une créature marchant à peine. Les thèses racistes s’emparent de cette imagerie, Neanderthal devient pour l’anthropologue Hermann Klaatch, l’ancêtre de la souche " négroïde " de l’humanité, elle-même descendant d’une variété de gorille. N’oublions pas qu’à la même époque, la domination de la race " blanche ", coloniale, fait peu de doute jusque dans les milieux scientifiques - et beaucoup s’évertuent à classer les " races " " supérieures " et " inférieures " selon leur gracilité et leur niveau d’intelligence, et leur trouver des origines divergentes.
Mais voilà qu’en 1912, suite aux fouilles des sépultures humaines trouvées à la Ferasserie, en Aquitaine, le célèbre préhistorien français Henri Breuil, accompagné de Bouysonnie et Hogo Obermaier, annoncent avec fracas que Néanderthal n’est pas une brute pré-humaine. Il enterre ses morts. Il dépose des offrandes à leurs côtés. En effet, deux squelettes ont été retrouvés déposés dans des fosses, entourés d’outils de pierre et de carcasses d’animaux. Enterrés. Dans des tombes aménagées. Certainement au cours de rituels funéraires.
Neanderthal redevient un être humain. La réflexion avance au début du XXe siècle, avec la multiplication des fouilles à travers toute l’Europe, jusqu’en Palestine… Pourquoi une " race " différente de la nôtre, adaptée à tous les terrains, vivant en société organisée, ne serait-elle pas intelligente, métaphysicienne, consciente ? Dans les décennies qui suivent, alors que l’on découvre de nombreux sites neanderthaliens à travers toute l’Europe, deux grandes écoles s’affrontent sur cette " autre humanité ". Elles continuent aujourd’hui. La première école, essentiellement anglo-saxonne, voit en Néanderthal " l’oncle Vania " du fameux roman préhistorique de Roy Lewis , " Comment j’ai mangé mon père " : il ne veut pas évoluer, il crie à ses congénères les Cro-magnon " Retournons dans les arbres ! ", "Continuons vivre comme avant ! ". Selon cette école de pensée, Neanderthal, en s’arrêtant à la technique " moustérienne " dans la fabrication d’outils, confronté à des Hommes de Cro-Magnon beaucoup plus inventifs, et mieux armés, avait atteint un " seuil évolutif ". Ils ne possédaient pas les moyens intellectuels et technologiques de résister à l’avancée des " homos sapiens " et de s’adapter à la présence d’un rival à l’armement impressionnant. Ce blocage intellectuel s’expliquerait anatomiquement : le front bas de Neanderthal empêcherait le développement du lobe frontal et du cortex préfrontal, haut lieu chez l’" homme moderne " du câblage de la mémoire sur le présent, de la mémorisation longue, de la programmation des tâches ; de l’inventivité et de la vie émotionnelle.
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--------------------- La maîtrise du feu---------------------
Marylène Pathou-Mathis fait partie de l’autre école, plus européenne, qui rejette radicalement la vision, jugée " réductrice " et " confortable ", d’un Neanderthal à la pensée bridée. Après ses longues années de recherche en archéo-zoologie, ses visites auprès des derniers chasseurs-cueilleurs du Kalahari, elle propose une théorie étayée sur la vive intelligence et la " culture " de ce costaud de Néanderthal. Elle la partage avec d’autres grands paléontologues, comme Pascal Picq du Collège de France, qui défend la thèse de l’égalité d’intelligence entre Homo Neanderthalis et Homo Sapiens.
" Toutes les études sur l’artisanat de Néanderthal révèlent qu’il a inventé la technique de débitage Levallois, explique Me Pathou-Mathis, mais aussi la découpe de la pierre en laminaire, en discoïde, en bi-face. Il façonnait les pièces, il les aiguisait, les formatait. Il les fixait sur des manches en bois. Il fabriquait des racloirs, des couteaux, des pontes, des scies, des lances avec des pointes effilées. Ses techniques évoluent au gré des groupes géographiques, ce qui nous éclaire sur le fait qu’il existait un véritable artisanat, avec des carrières, des lieu de débitage, des transports, mais aussi un apprentissage, des savoir faire, un commerce de pierres." On a découvert plusieurs cultures neanderthaliennes, avec des " styles " d’outils, des améliorations géographiques. Par exemple, au Proche-Orient, durant la glaciation du Quaternaire, Néanderthal a développé une industrie proche de celle des Homo Sapiens locaux, avec des grands racloirs, des longues pointes, des lames aiguisées, des burins. "Ils s’en servaient pour racler des peaux fraîches,  raconte Me Pathou-Matis, les conserver, couper des végétaux. Toutes ces inventions témoignent de l’intelligence de Neanderthal, sa capacité " d’apprendre à apprendre ", qui est le propre de l’humanité. Rien ne nous autorise aujourd’hui à affirmer que son cerveau, plus gros que le notre, était bridé, qu’il était moins intelligent que nous. Au contraire, plus nous étudions ses réalisations, plus nous découvrons sa richesse cognitive. Nous vérifions qu’il utilisait toutes les aires de son cerveau. Nous réfléchissons à sa vie émotionnelle. Plus nous cherchons, plus il s’humanise."
Néanderthal l’artisan doué, le chasseur-cueilleur, maîtrisait le feu. Il l’allumait à l’étincelle avec des percuteurs en pyrite et en silex, des tiges de bois frottées à côté de substances inflammables comme l’amadou, les mousses les copeaux, les écorces. Il entretenait des feux à base de tourbe, de lignite, de bois, dans des foyers de galets, ou sur des plaques de pierre, qui servaient pour chauffer les grottes. Il cuisait ses aliments, ce qui les rendait moins toxiques, et lui a permis de développer une cuisine variée, nécessaire à sa puissante énergie physique comme au développement de son cerveau. Cuisson à la braise, dans les cendres, par enrobage d’argile, au four, à l’étouffée. Neanderthal est un gros mangeur de viandes. Un pavage de foyers a été découvert au Pech de l’Azé, en Dordogne. Le feu permettait aussi de conserver les aliments, les fumer, les stocker, mais encore de durcir les pointes, travailler le bois. Selon la paléo-psychologie, la maîtrise du feu, difficile, patiente, l’art de son entretien révèlent un savoir-faire mettant un jeu des facultés cognitives élaborées, la facilité à élaborer et reproduire un schéma opératoire. Cela suppose une pensée ouverte, programmatrice.
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Il honorait ses morts
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La maitrise et présence et le maintien du feu, source de chaleur, de bien-être, de protection, de mise en place d’un foyer, suppose une vie sociale étoffée, avec des retrouvailles, de tours de sauvegarde, des rituels. Un préhistorien comme André Leroi-Gourhan attribue à la protection du feu un sens religieux, que l’on retrouve chez tous les peuples chasseurs cueilleurs. C’est autour du feu que les humains se retrouvent, se transmettent leur savoir, élaborent des projets - se racontent leurs rêves, imaginent leurs dieux. Chez Néanderthal, on trouve couramment des foyers autour des sépultures. Pourquoi ? Peut-être pour honorer le défunt ? Difficile de savoir. On découvre souvent près de ces foyers des pierres taillées, des bois de cervidés, des carcasses d’animaux, des cornes de bovidés. Des offrandes ? On a retrouvé un homme en position de fœtus, couché sur un lit de branchages, des enfants enterrés avec des os de cervidés, une femme enterrée avec un enfant. Parfois, on trouve des cadavre sans crânes, et des crânes enterrés - de là à supposer l’existence d’un " culte des crânes ", un " culte des ancêtres " déjà ? Quoi qu’il en soit, l’existence de rituels mortuaires et de sépultures attestent d’une appréhension symbolique du temps, de ses cycles - une conceptualisation profonde.
Ce Neanderthal métaphysicien, qui d’ailleurs possède une oreille elliptique plus sensible que la nôtre, parlait-il ? Connaissait-il un langage articulé, organisé ? Beaucoup d’éléments donnent à le penser, même si les débats restent vifs parmi les chercheurs. D’abord Néanderthal porte une cavité nasale, un palais lové, un larynx en état d’articuler des phonèmes, en tout cas d’émettre des sons modulés. Son cerveau, plus développé que le notre - ce qui ne signifie pas plus d’intelligence, juste la possibilité de la posséder -, présente des lobes temporaux développés, cette zone qui justement se développe chez homo sapiens avec l’usage de la parole. Ensuite Neanderthal connaît une vie sociale très riche, développe des stratégies à long terme - chasser sur les lieux de passages des troupeaux -, des projets ambitieux - sécher des peaux, fumer la viande -, supposant des opérations mentales élaborées. Une telle construction conceptuelle, schématique, programmatrice met en activité la région pariétale du cerveau gauche, la même impliquée dans l’invention du langage chez l’homme. Rien ne contredit qu’il développe un langage parlé. Selon André Leroi-Ghouran, " il y a possibilités de langage à partir du moment où la préhistoire livre des outils, puisque outils et langages sont liés neurologiquement. " Le langage aide à la conception symbolique, or les rites néanderthaliens liés à la mort nous obligent à lui prêter des formes d’expression symboliques. Les Néanderthaliens devaient se parler, échanger des informations précises, pragmatiques autant qu’émotionnelles ou symboliques. " Ils devaient avoir un langage nasal, explique Marylène Patou-Mathis,, parler des langues très différentes des nôtres, peut-être moins riches en vocabulaire et en syntaxe. Mais sa pensée n’en était pas moins riche. Tout le contenu informatif, symbolique et conceptuel ne passe pas seulement dans les mots, mais aussi les gestes, les offrandes, les dessins sur le sol comme les chasseurs-cueilleurs aborigènes. Ici encore, difficile de faire de Neanderthal un " sous-homme ".
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Peaux tannées, colorants, fourrures
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Neanderthal n’a laissé aucune grotte décorée, aucune peinture pariétale comme les hommes de la Grotte Chauvet qui, 30.000 av JC, ont peint des rhinocéros et des bisons. Mais Néanderthal ignorait-il l’art ? Des éléments de parure ont été découverts en France et en Espagne, des coquillages et des dents percés, des pierres gravées, remontant à 32000 av JC, pendant la culture dite " châtelperronienne ". A la même époque, ils ont déployé une véritable industrie de l’os, à partir des squelettes de chevaux, de rennes et carnivores. Ils fabriquaient des perçoirs, des baguettes, des pointes effilées, des heurtoirs avec des poignées. Certains ont été décorés. Cette culture de l’os, tardive mais inventive, semble démontrer qu’avant le travail des os, Neanderthal savait travailler le bois, et qu’il s’y montrait expert. Difficile d’imaginer tout ce qu’il a pu fabriquer avec le bois de chène, du hêtre, du bouleau, qu’il découpait. D’ailleurs, beaucoup d’outils de pierre sont conçus pour s’adapter à un bois. Preuve en est, le travail de précision exercé sur les peaux et les fourrures. Celles-ci étaient découpées au cours d’une boucherie bien faite, tannées avec des racloirs et des lames efficaces. Les peaux servaient à fabriquer des vêtements, des mocassins, des couvertures, des sacs, des auvents, peut-être des sortes de kayaks en peau, puisqu’ils traversaient des rivières. Neanderthal les durcissait et les teignait avec de la poudre sèche d’écorce de chêne et de bouleau.
" Qui pense teinture, pense décoration, sans doute tatouage " rappelle Marylène Patou-Mathis, dans son essai.
 Art. Peut-être magie, religion. Les chercheurs ont retrouvé des blocs de colorants, dans une quarantaine de sites européens, avec tout un matériel de broyage, des meules en quartzite, des pilons en grès et des parures. Ils utilisent l’hématite rouge en quantité, la raclent. Ont-ils décorés des peaux, des arbres, leurs peaux - avec toute la pensée symbolique associée ? Aucune trace n’est tangible, excepté l’artisanat durable. Mais celui-ci déjà, par son développement inventif, atteste que Neanderthal développait une " intelligence opérationnelle ", et que celle-ci a dû se développer sur les matériaux non durables. Le bois surtout, pour les huttes, les outils, les armes, et les totems décorés peut-être, comme chez les Indiens d’Amérique du Nord - des recherches tendent à montrer un " culte de l’ours ". Comment utilisaient-ils la terre, les fourrures qu’ils découpaient ? L’ocre rouge servait-elle de tatouage ? Comment voyaient-ils notre monde, comment l’éprouvaient-ils ? " Difficile d’échapper ici aux " vues de l’esprit ", reconnaît Marylène Patou-Mathis, mais aussi de ne pas imaginer des " conjectures ". Les néanderthaliens dressaient des campements de base, souvent près d’un fleuve, à l’abri du vent, ou sous la protection d’une falaise. Ils organisaient des cueillettes quotidiennes et des chasses saisonnières, se déplaçaient selon les régions, parfois de cinquante à cent kilomètres pour suivre les pérégrinations du gibier, ou encore aller s’approvisionner sur des sites de pierre. Ces groupements actifs vivaient en relation avec d’autres, avec qui ils échangeaient des outils, un savoir-faire, cela sur des territoires de plusieurs centaines de kilomètres. Une véritable civilisation néanderthal morcelée s’est développée entre l’Europe occidentale, la Rhénanie, jusqu’à l’est de l’Europe centrale, dispersée sur des territoires de chasse. En Italie du Nord et en France, à Saint Césaire, elle a produit des bijoux, des sculptures, elle a travaillé l’ivoire, avant même l’arrivée des Sapiens, à qui elle va emprunter beaucoup. Homo Sapiens qui, arrivée par l’Anatolie, va supplanter Neanderthal en 10.000 ans
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Une lente disparition
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" Je ne crois pas à la thèse du massacre de Néanderthal par Cro-magnon, avertit Marylène Patou-Mathis.D’abord, si l’affrontement avait eu lieu, Néanderthal aurait certainement battu Cro-magnon facilement. Il est beaucoup plus fort. Plus musclé. Capable de jeter des armes beaucoup plus loin, puis puissamment. Nous n’avons pas trouvé un seul site qui témoignerait d’une guerre entre les deux humanités. Par contre, nous savons qu’elles se sont cotoyées, croisées... Il faut imaginer des rencontre brèves, sur des terres très peu habitées, et puis surtout une présence de plus en plus pressante des Sapiens… Je défends la théorie d’une lente dilution de Neanderthal, peu à peu repoussé par les Homo sapiens, quittant ses territoires de chasse, abandonnant le terrain sans combattre. Cela a prix dis mille ans. C’est difficile à imaginer ... "
Marylène Patou-Mathis propose une explication " culturelle " de la disparition de Néanderthal. Elle l’a développée plus prudemment dans son livre, mais elle ne peut résister à la développer. " Une bonne théorie étayée fait parfois avancer ! " se défend-elle. A force de vivre en pensée avec Néanderthal, elle n’arrive pas l’imaginer comme un guerrier - on n’a pas trouvé un seul site où ils s’entretuent ; pas rencontré de trace de guerre entre Néanderthaliens. " Certains vestiges culturels de Neanderthal, précise Marylène Patou-Mathis laissent entrevoir un tabou sur le meurtre, même sur les armes, comme sur la mise à mort de certains animaux. Par exemple Neanderthal ne tue pas les ours. C’est intéressant. S’agit-il d’un animal totem ? Il n’extermine pas les troupeaux, il ne tue pas les femelles enceintes. Il respecte certaines règles qui limitent la chasse. Curieusement, il n’utilise jamais les crocs, les cornes, les armes naturelles des animaux pour fabriquer ses propres armes, comme le fait Homo Sapiens. Ce sont des nomades pacifiques, fondus dans la nature, suivant les troupeaux, ayant des rapports épisodiques. Je crois qu’ils ont senti la présence des Sapiens. Imaginez leur stress et leur étonnement de découvrir des êtres comme eux, intelligents et féroces, eux qui régnaient sur le monde depuis 300.000 ans, parfaitement adaptés. "
Au lieu de défendre leurs territoires de chasse, d’aller à la rencontre d’Homo sapiens, Néanderthal s’éloigne, recule... Certains évolutionnistes y voient la preuve de leur échec génétique en tant qu’espèce. Elle aurait manqué, ou perdu l’agressivité nécessaire pour affronter ce changement radical de son environnement : l’arrivée d’un rival - d’un prédateur.  Marylène Patou-Mathis préfère son approche " culturelle ". Les Néanderthaliens vivaient en osmose avec la nature et le gibier, ils répugnaient au crime, ils ne s’entretuaient pas, ils ont abandonné lentement le terrain aux Sapiens, cherchent de nouvelles terres. Autrement dit, ils ont refusé le combat ! " C’est dans leur culture " affirme, fataliste, la préhistorienne. Quoiqu'il se soit passé, les faits sont là : Neanderthal se retrouve dispersé en groupements de plus en plus petits, avec une mortalité infantile importante, se dispersant dans une Europe du Nord qui refroidit. Repoussés sans cesse, éloignés de leurs carrière de pierre, sans descendance, s’enfonçant sur des terres inhospitalières, ils finissent par disparaître.
En quittant le pavillon de Paléontologie Humaine, Marylène Patou Mathis m’a montré, sous le blason des Grimaldi, une sculpture représentant le crâne ovoïde du néanderthalien de la Chapelle-aux-saints, au cerveau plus gros que le notre. Elle a fait : " Néanderthal a vécu 300.000 ans. Nous 100.000. Je nous souhaite de vivre aussi longtemps ! "
Néanderthal. L'autre humanité. Marylène Pathou-Matis. Perrin (2006).


Coeur d'un Humain de Neandertal sculpté dans du cristal de roche

21.04.2012 | Coeur d'un Humain de Neandertal sculpté dans du cristal de roche

250 Cette sculpture Hyperboréenne représente le cœur d’un Humain de Neandertal; celui-ci est en cristal de roche; Ses dimensions 12 x 12 x 6 centimètres son supérieure à celle d’un cœur d’Homo-Sapiens son poids et de un kilo; Sur le plan anatomique, il est possible de le comparer à la photo de la face antérieur du cœur visible sur la diapositive 249; A gauche, compte tenu de son importance sur le plan symbolique (oxygénation du corps), l’Aorte ascendante est particulièrement mise en évidence; La forme générale de l’organe sculpté est très proche du cœur photographié; La séparation entre les deux oreillettes est bien visible; cette représentation peut être mise en parallèle avec une autre sculpture Hyperboréenne d’un cœur, celle-ci fait l’objet de la diapositive 193; Le fait qu’il s’agisse de cristal signifie que pour les Hyperboréens, le cœur avait un rôle central, celui-ci correspond à ce que vous nommez l’Amour et que Nous nommons l’Âmemour, à savoir « l’ouverture du cœur » qui  permet à l’Être, d’Être en relation avec son Âme; le Cristal symbolise cette ouverture qui nécessite une grande transparence; à savoir être en paix avec les actes qui ont étés réalisés au cours de cette incarnation; Un autre aspect de l’Âmemour, est le fait de parvenir à identifier les Êtres  avec qui Nous avons des vies antérieurs communes et par conséquent  un « bagage » d’expériences partagées sur le plan de l’Âme; cela signifie une proximité dans la mesure où il y a très fréquemment le souhait de se retrouver sur le plan incarné; C’est ce que vous nommez de manière « réduite » « un coup de foudre » et que Nous nommons des Retrouvailles; Cela pouvant concerner des personnes du même sexe et comprendre ce que vous nommez les Amours et les Amitiés; Cette sculpture à été « trouvée » en 2010 dans le Canton de Fribourg, au bord de la Glâne à proximité du Trône et de la Fibule qui font l’objet des diapositives 6 et 217

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