mercredi 3 août 2011

Quiétis, Gras et Savoye : de la réalité d'une agression et d'un DAB trompé

Comment témoigner de la réalité d'une agression, d'un viol ? Je me posais cette question en tant que peintre dans les messages précédents de ce blog.

Malheureusement, la réalité m'a rattrapé : j'ai été agressé en retirant de l'argent à un distributeur. Agression banale conduite par deux jeunes hommes, sans doute d'origine roumaine. Mais, à ma grande surprise, la compagnie d'assurance refuse la réalité de l'agression.

Son argument est de dire que j'ai laissé le vol se faire en me laissant abuser par le tour de main des jeunes hommes. J'étais donc comme le public béat devant les tours de magie de deux prestidigitateurs.

Avant de reproduire la lettre où j'argumente de la réalité de mon agression, j'aimerais préciser les émotions que j'ai ressenti depuis.

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Bonjour, Messieurs

Je viens de prendre connaissance de votre courrier du 1er août affirmant que les modalités du vol d’espèces dont j’ai été victime le 26 juin dernier à un distributeur de l’agence Société Générale Porte Saint Martin 75010 ne pouvaient être qualifiées par la catégorie « agression ».

J’ai été très étonné, car les composantes d’une agression sont bien présentes. Voyons comment est définie une agression dans les dictionnaires :
• Le fait d’infliger un contact physique inconvenant ou une blessure corporelle, ou menace ou tentative d’infliger ledit contact ou blessure.
• Comportement (physique ou verbal) violent ou hostile visant à intimider autrui.
• Toute forme de comportement ayant pour but d'infliger un dommage à un autre organisme vivant lorsque ce dernier est motivé par le désir de ne pas subir un traitement pareil.
• Situation perturbant l’organisme ; ensemble des réactions qui en découlent. Exemple : Fatigue, tension nerveuse, stress.

Je rappelle les circonstances du vol :
une alerte verbale « Attention, vous êtes attaqué par deux hommes ! », deux hommes qui se précipitent en courant vers moi, puis qui me collent au distributeur, la pression d’un objet pointu sur mon dos, la pression de l’homme de gauche sur ma fesse, la pression de l’homme à droite sur tout mon corps et la mise en incapacité de regarder l’écran du distributeur.

Si vous doutez, sachez que je pèse 95 kg et mesure 1m78. Cela signifie que les deux jeunes hommes n’ont pas ménagé leurs forces pour m’immobiliser sur le distributeur.

Si ce n’est pas là une agression, qu’est-ce donc ? Non seulement il y a eu intimidation mais contact physique inconvenant. Contact sur les fesses, sur le dos, sur les épaules, sur les yeux. D’ailleurs, j’ai ressenti ces contacts comme une sorte de viol opéré en public !

L’agression pour Quiétis, ce serait qu’un couteau me transperce le ventre ?
Si l’agression est mesurée en terme de conséquence corporelle, je peux mettre en avant que j’ai eu, dans les jours qui ont suivis, une poussée hémorroïdaire importante nécessitant une coloscopie et une opération chirurgicale. Diagnostic, le 6 juillet. Coloscopie, le 18 juillet. Ligature de l’hémorroïde la plus grosse, le 24 juillet. Il reste encore deux hémorroïdes à ligaturer. Cause classique d’une poussée hémorroïdaire : une émotion forte, un stress.

Selon vous – selon le conseiller client qui m’a pris au téléphone – il n’y a pas eu agression car le vol a été fait par un procédé de ruse. J’ai demandé ce que voulait dire « procédé de ruse ». Ce serait, m’avez-vous dit, un procédé au terme duquel le volé ignore qu’il a été volé.

Cet argument du « procédé par ruse basée sur l’ignorance » est trois fois contestable :
1/ la volonté de vol ne faisait aucun doute, ni pour moi ni pour le policier qui m’a rejoint quelques minutes après
2/ si le vol d’espèces n’a pu être confirmé que le 28 juin, c’est imputable aux procédures informatiques de la Société Générale
3/ enfin, qu’il y ait eu tel ou tel procédé pour voler des espèces en se substituant à ma place n’ôte en rien le caractère agressif de mon immobilisation corporelle.

A suivre votre définition, il y a eu ruse parce que j’ai fait quelque chose pour faciliter de moi-même la remise d’espèces aux voleurs. Où voyez-vous qu’il y ait eu de ma part une telle facilitation ? Parce que je n’ai osé braver la pointe d’un couteau ?

Le directeur de l’agence Société Générale m’a dit quelques jours après mon agression : « Nous conseillons aux clients de ne pas bouger afin d’éviter le coup de couteau ». Que pense Quiétis de cette recommandation ?

Est-ce que Quiétis souhaite que le coup de couteau soit porté afin que soit prouvé qu’il y a eu agression et non ruse ? Est-ce ceci la valeur apportée au client du service Quiétis ?

Je regarde le dictionnaire : « Ruse est un procédé habile dont on use pour tromper ». Qui est trompé dans cette affaire ? Est-ce moi ou le distributeur ? A l’évidence, c’est le distributeur qui est trompé :
- Il consulte le code d’une carte
- Il vérifie que le code tapé correspond au code de la carte
- Il prend note du montant qui sera débité
- Il délivre ce montant.

Là où le distributeur est trompé, c’est sur l’identité de celui qui note le montant et qui s’en empare.

Pour la personne volée, cela se traduit par un corps à corps physique, par un viol de l’intimité.

En fait, je constate que Quiétis – en fait l’assureur GRAS SAVOYE – utilise une « ruse » pour dissimuler sa volonté de ne pas rembourser ce qui est garanti.
En quoi consiste cette ruse ? C’est de transférer la responsabilité du système informatique du distributeur à la personne qui l’utilise. Selon GRAS SAVOYE, ce n’est pas le système qui a été trompé mais le client. Fort d’un tel « procédé » l’agression est niée dans sa réalité.

Donc cela a pour conséquence que pour GRAS SAVOYE, il ne faut pas qu’il y ait d’enquête car cela nourrirait la réalité de l’agression.

GRAS SAVOY affirme qu’il fait une enquête pour chaque demande d’indemnisation. Or je constate que le directeur de l’agence Société Générale n’a pas été contacté. Il aurait évoqué la singularité de ma forte stature et la présence récurrente de voleurs. Ensuite, à ma connaissance, l’assureur n’a pas cherché à contacter la Brigade Anti Criminalité qui pistait les voleurs.

Par contre, je constate que dans les jours qui ont suivi mon agression, l’Agence Société Générale a fait poser deux caméras de vidéo surveillance au dessus des distributeurs ...

Je vous demande donc de reconsidérer votre position, d’admettre le fait qu’il y a eu agression, et de d’indemniser le vol d’espèces dont j’ai été victime.

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